ARE et ARCE : le guide du dirigeant créateur

ARE ou ARCE pour financer votre création d'entreprise ? Exalt Conseil vous explique les règles 2025-2026, les calculs et les pièges à éviter.
Par Stanislas Delanoue
April 6, 2026
ARE et ARCE : le guide du dirigeant créateur Exalt Conseil

Table des matières

    ARE et ARCE :le guide complet du dirigeant créateur d'entreprise

    Vous avez quitté votre emploipour lancer votre entreprise et vous vous demandez comment percevoir vosallocations chômage pendant cette phase de démarrage ? L'ARE (Allocation de Retour à l'Emploi) et l'ARCE (Aide à la Reprise ou à la Créationd'Entreprise) sont les deux dispositifs que France Travail met à votre disposition. Mais attention : ces deux options sont mutuellement exclusiveset votre choix sera définitif. Avec les réformes d'avril 2025 et de janvier2026, les règles ont évolué. Chez Exalt Conseil, cabinet expert-comptable à La Rochelle spécialisé dans le conseil aux dirigeants, nous accompagnons régulièrement des entrepreneurs dans cette décision stratégique.

     

    🔍 En bref

    • L'ARE  permet de cumuler chaque mois vos allocations chômage avec les revenus de  votre entreprise, dans la limite de 60 % de vos droits restants depuis avril  2025.

    • L'ARCE verse en deux fois environ 58 % de vos droits restants en capital, sans inscription mensuelle à France Travail, mais met fin définitivement à  vos droits.

    • Depuis le 1er janvier 2026, l'ACRE n'est plus automatique : une demande à l'Urssaf est obligatoire dans les 60 jours, sous peine de perdre l'accès à  l'ARCE.

     

    Maintien mensuel ou capital : les deux voies du chômage créateur

    Lorsqu'un dirigeant crée ou reprend une entreprise après la perte de son emploi, il dispose de deux grande soptions pour mobiliser ses droits à l'assurance chômage. La première, l'ARE en maintien mensuel, consiste à continuer à percevoir chaque mois une allocation réduite, calculée en fonction des revenus déclarés.

    La seconde, l'ARCE en capital, permet de recevoir d'un coup environ 58 % du reliquat de droits, en deux versements espacés de six mois.

    Ce choix n'est pas anodin : il conditionne votre trésorerie, votre protection sociale et votre capacité à récupérer des droits en cas d'échec.

    Aucun basculement n'est possible après ladécision.

    ARE : comment fonctionne le maintien mensuel des allocations ?

    Conditions d'accès à l'ARE pour le créateur

    Pour bénéficier de l'ARE en cumul avec une activité non salariée, vous devez remplir plusieurs conditions : être inscrit comme demandeur d'emploi, avoir créé l'activité après la fin du contrat de travail, ne pas avoir demandé l'ARCE, et justifier d'au moins 6 mois d'affiliation (130 jours travaillés) au cours des 24 mois précédents. Depuis avril 2026, les primo-entrants peuvent ouvrir leurs droits avec seulement 5 mois (108 jours).

    Le calcul de l'ARE réduite en cas de cumul

    Formule : Jours d'ARE versés = (ARE mensuelle − Rémunération brute × 70 %) ÷ Allocation journalière

    Exemple de calcul — Président SASU rémunéré 1 400 € brut/mois

    ParamètreMontant
    ARE mensuelle2 000 €
    Allocation journalière35 €
    Rémunération brute déclarée1 400 €
    Revenus pris en compte (× 70 %)980 €
    ARE réduite (2 000 − 980)1 020 €
    Jours indemnisés (1 020 ÷ 35)29 jours
    ARE effectivement versée1 015 €

    Depuis avril 2025, le cumul ARE+ revenus est plafonné à 60 % des droits restants au démarrage. Les 40 % additionnels nécessitent une justification active de l'absence de revenus (devis, factures, prévisionnels).

    À noter également : les dividendes perçus pendant la période d'indemnisation réduisent désormais l'ARE, au même titre qu'une rémunération. La stratégie recommandée : différer toute distribution jusqu'à l'épuisement des droits.

    Pour aller plus loin sur la fiscalité des dividendes, consultez le site de l'Urssaf ou rapprochez-vous d'ExaltConseil pour un accompagnement personnalisé.

    ARCE : recevoir son capital chômage en deux versements

    L'ARCE permet de transformer ses droits ARE en une aide en capital, versée en deux fois : 50 % à la création, puis 50 % six mois plus tard, à condition que l'activité soit toujours en cours et qu'aucun CDI à temps plein n'ait été signé (règle envigueur depuis avril 2025).

    Formule : ARCE = 60 % × droits ARE restants − 3 % (contribution retraites complémentaires) ≈ 58,2 % net

    Trois conditions doivent être réunies simultanément : être bénéficiaire de l'ARE, avoir obtenu l'ACRE (exonération de charges sociales), et avoir créé ou repris l'entreprise après la fin du contrat de travail.

    Attention : depuis le 1er janvier 2026, l'ACRE n'est plus automatiquement accordée à la création. Il faut en faire la demande à l'Urssaf dans les 60 jours. Un oubli = ACRE perdue = ARCE inaccessible.

    En cas d'échec et de cessationd'activité, la reprise de l'ARE après ARCE est soumise depuis avril 2025 à un différé d'indemnisation calculé sur le montant du 2e versement. La récupération des droits n'est plus immédiate. Pour en savoir plus, consultez le règlement général Unédic.

    ARE ou ARCE : comment choisir selon votre situation ?

    Le choix dépend de votre profilet de votre projet.

    En résumé :

    •       Choisissez l'ARE si vous démarrez progressivement, avez des revenus faibles les premières années, souhaitez valider des trimestres retraite, maintenir votre mutuelle (portabilité ANI) et conserver un filet de sécurité.

    •       Choisissez l'ARCE si vous avez besoin d'un capital de lancement immédiat, anticipez rapidement un chiffre d'affaires élevé, et souhaitez vous libérer des contraintes administratives mensuelles.

    L'ARE représente 100 % des droits sur la durée, là où l'ARCE n'en restitue qu'environ 58 %. La différence est réelle. Mais la liberté de rémunération post-versement ARCE peut aussi constituer un atout décisif pour certains dirigeants.

    Exalt Conseil vous propose une mission de conseil dirigeant pour analyser votre situation, modéliser les deux scénarios et vous accompagner dans la prise de décision.

    Impact du régime de société sur l'ARE et l'ARCE

    La forme juridique de votre entreprise influence directement votre situation vis-à-vis de France Travail :

    •       SAS / SASU : le président, assimilé salarié,maintient l'ARE à 100 % tant qu'aucune rémunération n'est versée. Les dividendes réduisent l'ARE depuis avril 2025.

    •       SARL / EURL gérant majoritaire (TNS) : il perçoit 70 % de l'ARE à titre provisoire en l'absence de rémunération, avec régularisation sur déclaration annuelle. Cotisations minimales SSI d'environ 1300 €/an même à revenus nuls.

    •       SARL gérant minoritaire : statut assimilé salarié, ARE maintenue si pas de rémunération.

    •       EI / micro-entrepreneur : ARE réduite dès le 1er euro de chiffre d'affaires. ARCE possible.

    Un point de vigilance particulier : si votre SASU est à l'IR (impôt sur le revenu), les bénéfices de la société transparaissent dans votre revenu personnel et peuvent être interprétés comme des revenus d'activité par France Travail, même sans distribution. Privilégiez l'IS pendant la période d'indemnisation.

    Pour structurer votre société de la manière la plus adaptée à votre indemnisation, consultez notre offre de création d'entreprise.

    Les pièges à éviter absolument

    •       Créer avant la fin du contrat : si l'activité démarre avant le terme du préavis, l'ARCE est inaccessible et le régime decumul intégral s'applique (sans plafond de 60 %).

    •       Oublier de demander l'ACRE : depuis le 1erjanvier 2026, la demande doit être faite dans les 60 jours. Sans ACRE, l'ARCE est perdue.

    •       Distribuer des dividendes pendant l'indemnisation : toute distribution réduit immédiatement l'ARE. Mieux vaut attendre.

    •       Anticiper une rupture conventionnelle tardive : si la réforme en cours d'adoption est promulguée (entrée en vigueur prévueseptembre 2026), les moins de 55 ans ne disposeront plus que de 15 mois d'ARE (au lieu de 18). Consultez le calendrier législatif sur legifrance.gouv.fr.

    Questions fréquentes sur l'ARE et l'ARCE

    Peut-on cumuler ARE et rémunération de gérant ?

    Oui, mais le montant versé est réduit chaque mois selon la formule de l'allocation journalière réduite. Depuis avril 2025, le cumul est limité à 60 % des droits restants au démarrage. Au-delà, une justification active est requise.

    L'ARCE est-elle imposable ?

    Oui. L'ARCE est soumise à l'impôt sur le revenu et à la CSG/CRDS. Elle figure sur votre déclaration de revenus dans la catégorie des allocations de remplacement. Pensez à anticiper cette fiscalité dans votre plan de trésorerie.

    Que se passe-t-il si mon entreprise échoue après avoir pris l'ARCE ?

    Depuis avril 2025, la reprise de l'ARE n'est possible que si l'activité a définitivement cessé. Un différé d'indemnisation s'applique, calculé en fonction du montant du 2eversement ARCE reçu. Anticipez ce scénario avant de choisir l'ARCE.

    Qu'est-ce que le régime « primo-entrant » instauré en avril 2026 ?

    Il concerne les demandeurs d'emploi n'ayant jamais bénéficié d'une ouverture de droits au cours des 20 dernières années. Ils peuvent ouvrir leurs droits ARE avec seulement 108 jours travaillés (5 mois) au lieu de 130. Utile pour les porteurs de projets avec des parcours fragmentés.

    Comment se calcule la durée d'indemnisation ?

    La durée maximale dépend de votre âge à la fin du contrat : 18 mois avant 53 ans, 22,5 mois entre 53 et 54 ans, et 27 mois à partir de 55 ans. La période de référence d'affiliation est de 24 mois (36 mois pour les 55 ans et plus).

    L'ACRE est-elle cumulable avec l'ARE ?

    Oui. L'ACRE (exonération partielle de charges la 1re année) est cumulable avec l'ARE. Elle est même obligatoire pour accéder à l'ARCE. Depuis le 1er janvier 2026, elle doit être sollicitée auprès de l'Urssaf dans les 60 jours suivant le début d'activité.

    Choisissezla stratégie ARE/ARCE adaptée à votre projet

    ARE ou ARCE, la décision ne se prend pas à la légère. Elle engage votre trésorerie, votre protection sociale et votre capacité de rebond en cas de difficultés. Les réformes de 2025 et 2026 ont complexifié les règles : plafonnement de l'ARE à 60 %, prise en compte des dividendes, ACRE non automatique, différé en cas de reprise après ARCE... Chaque paramètre compte.

    Stanislas Delanoue, expert-comptable à La Rochelle et fondateur d'Exalt Conseil, vous accompagne dans cette décision stratégique : modélisation des deux scénarios, choix de la forme juridique adaptée, optimisation de votre rémunération de dirigeant et anticipation de votre sortie du dispositif.

    Prenez rendez-vous dès maintenant sur notre page de conseil dirigeant ou découvrez nos offres d'expertise comptable conçues pour les créateurs et dirigeants de TPE/PME.

    Cabinet d'expertise comptable à LA ROCHELLE. Stanislas DELANOUE. Expert-comptable

    Vous voulez appliquer ces conseils à votre situation ?

    Planifiez un diagnostic offert avec l'Expert-Comptable.
    Que vous souhaitiez optimiser votre rémunération, créer votre entreprise, être accompagné sur votre comptabilité,
    Exalt Conseil vous accueille au 158 av. Carnot 17000 La Rochelle ou en visio.

    CONTACT

    EXALT CONSEIL
    Expert-Comptable
    Conseil du dirigeant

    06 42 70 39 36
    158 Av. Carnot . 17000 LA ROCHELLE

    Coordonnées

    06 42 70 39 36
    Cabinet EXALT CONSEIL
    158 Avenue Carnot
    17000 LA ROCHELLE