Tva sur marge des biens d’occasion : guide pratique

Comprendre la TVA sur marge des biens d’occasion : conditions, calcul, facture, pièges et exemples concrets pour sécuriser vos ventes.
Par Stanislas Delanoue
February 25, 2026
Tva sur marge des biens d’occasion : guide pratique Exalt Conseil

Table des matières

    La TVA sur marge des biens d’occasion est un sujet très important pour les professionnels qui achètent pour revendre (garagistes, brocanteurs, revendeurs de matériel, etc.). Beaucoup savent que “la TVA ne se calcule pas toujours sur le prix total”, mais peu maîtrisent vraiment les conditions d’application, le calcul exact et les erreurs à éviter. Pourtant, une mauvaise application peut entraîner un redressement fiscal.
    Chez Exalt Conseil, cabinet d’expertise comptable à La Rochelle, Stanislas Delanoue accompagne régulièrement des dirigeants sur ces sujets de TVA, notamment lorsque l’activité combine achats de biens d’occasion, revente, marge variable et gestion de factures. L’enjeu est simple : sécuriser la fiscalité tout en gardant une gestion claire.

    En bref

    • La TVA sur marge permet, dans certains cas, de calculer la TVA uniquement sur la marge réalisée et non sur le prix total de vente.
    • Ce régime ne s’applique pas à toutes les ventes de biens d’occasion : il faut respecter des conditions précises sur la qualité du vendeur initial et sur l’achat.
    • La facture et la traçabilité des achats sont essentielles : une erreur de régime peut coûter cher en contrôle.

    Ce qu’est la TVA sur marge pour les biens d’occasion

    La TVA sur marge est un régime particulier de TVA applicable à certains biens d’occasion vendus par un assujetti-revendeur. En France, la base légale se trouve notamment à l’article 297 A du CGI, qui prévoit que la base d’imposition peut être constituée par la différence entre le prix de vente et le prix d’achat dans les cas prévus par la loi. Légifrance (article 297 A du CGI) (Légifrance)
    L’idée est d’éviter une double taxation économique d’un bien déjà passé entre les mains d’un consommateur final. Le régime est également encadré au niveau européen par la directive TVA (régimes particuliers applicables aux biens d’occasion, objets d’art, de collection et d’antiquité). EUR-Lex – Directive 2006/112/CE (EUR-Lex)
    En pratique, cela concerne souvent des professionnels qui achètent des biens d’occasion sans TVA récupérable (exemple : achat à un particulier) puis les revendent.

    Qui peut appliquer ce régime

    Le régime vise les assujettis-revendeurs, c’est-à-dire les professionnels qui achètent des biens d’occasion en vue de les revendre dans le cadre de leur activité. Le BOFiP rappelle que les livraisons de biens d’occasion effectuées par ces assujettis-revendeurs sont, en principe, soumises de plein droit au régime de la marge lorsque les conditions sont remplies. BOFiP – Biens livrés par des assujettis-revendeurs
    Exemples fréquents :

    • négociants en véhicules d’occasion
    • brocanteurs
    • antiquaires
    • revendeurs de matériel d’occasion
    • certains commerçants spécialisés en produits reconditionnés (selon la nature des biens et les conditions d’achat)

    Attention : vendre ponctuellement un bien d’occasion en tant que particulier n’entre pas dans ce régime. Ici, on parle bien d’une activité professionnelle.

    Quand la TVA sur marge s’applique (et quand elle ne s’applique pas)

    Le point clé n’est pas seulement que le bien soit “d’occasion”. Il faut aussi regarder à qui vous avez acheté le bien.
    Le régime de la marge s’applique notamment lorsque le bien a été acheté à :

    • un non-redevable de TVA (par exemple un particulier) ;
    • une personne qui n’était pas autorisée à facturer la TVA sur cette livraison ;
    • ou, dans certains cas, un autre assujetti-revendeur ayant lui-même appliqué le régime de la marge. (Légifrance)
      En revanche, si vous achetez un bien avec une TVA déductible facturée normalement (régime général), la revente suit en principe le régime normal de TVA sur le prix total, sauf cas particuliers prévus par les textes.
      Autrement dit : bien d’occasion ne veut pas dire automatiquement TVA sur marge. C’est une erreur classique.

    Comment se calcule la TVA sur marge

    Le principe est simple dans l’idée : on taxe la marge, pas le chiffre d’affaires total.
    L’article 297 A du CGI pose la règle : la base d’imposition est la différence entre le prix de vente et le prix d’achat (dans les situations éligibles). (Légifrance)
    Mais attention au vocabulaire : la marge utilisée pour la TVA n’est pas toujours “la marge commerciale” que vous suivez dans vos tableaux de bord. Elle doit être calculée selon les règles fiscales.

    Calcul “au coup par coup”

    Vous calculez la marge pour chaque bien vendu.
    Exemple simple :

    • Prix d’achat : 5 000 €
    • Prix de vente : 6 200 € (TTC)
    • Marge TTC : 1 200 €
      La TVA due se calcule sur la marge hors taxe (et non directement sur 1 200 € comme si c’était du HT).

    Calcul par globalisation

    L’article 297 A prévoit aussi une possibilité de détermination globale par période de déclaration, en faisant la différence entre total des ventes et total des achats de la période, pour les biens concernés. Cette méthode peut être utile dans certaines activités avec de nombreux flux, mais elle exige une comptabilité très rigoureuse. (Légifrance)
    Le BOFiP mentionne également des cas spécifiques (par exemple lorsque le prix d’achat unitaire exact ne peut pas être déterminé dans certains lots hétérogènes). Ce sont des situations techniques à traiter avec prudence. (Bofip)

    Exemple pratique de lecture fiscale

    Un revendeur achète un bien d’occasion à un particulier 1 000 € puis le revend 1 300 €.

    • Si le régime de la marge s’applique : la TVA porte sur la marge (300 € TTC à convertir en base HT de marge).
    • Si le régime de la marge ne s’applique pas : la TVA porte sur le prix total de vente (1 300 € selon les règles du régime normal).
      La différence peut être importante sur la trésorerie, la marge nette et le prix de vente final. C’est pourquoi il faut valider le régime avant la revente, pas après.

    Facturation et mentions obligatoires : point de vigilance majeur

    La facture est un point de contrôle très sensible.
    En régime de la marge, la TVA n’a pas vocation à apparaître comme une TVA récupérable “classique” sur la facture client. Le BOFiP rappelle notamment que les assujettis appliquant le régime de la marge ne peuvent pas faire apparaître la TVA sur leurs factures (rappel fondé sur l’article 297 E du CGI dans les tableaux BOFiP). (Bofip)
    Au niveau européen, la directive TVA prévoit aussi des mentions spécifiques liées aux régimes particuliers sur facture. (EUR-Lex)
    En pratique, il faut être cohérent entre :

    • le régime réellement applicable,
    • les justificatifs d’achat,
    • la facture émise,
    • et la déclaration de TVA.
      Une facture mal rédigée peut fragiliser tout le traitement fiscal.

    Les erreurs les plus fréquentes en contrôle

    Confondre “occasion” et “marge”

    C’est l’erreur n°1. Le simple fait qu’un bien soit d’occasion ne suffit pas.

    Appliquer la marge sur un bien acheté avec TVA déductible

    Si vous avez acheté sous régime normal avec TVA déductible, la revente en marge est en principe inadaptée (hors cas particuliers).

    Ne pas conserver la preuve du prix d’achat

    Sans preuve claire du prix d’achat, le calcul de la marge devient contestable.

    Mal traiter les achats intracommunautaires

    Les biens d’occasion circulant dans l’UE peuvent créer des erreurs de régime (facture du fournisseur, mention du régime, nature de l’opération). C’est un sujet fréquent dans le négoce automobile.

    Mélanger les stocks

    Si vous gérez des biens soumis à des régimes différents (marge / régime normal), votre suivi de stock et vos écritures doivent permettre de justifier chaque traitement.

    Bonnes pratiques comptables et fiscales pour sécuriser le régime

    Pour éviter les erreurs, il faut une méthode.

    Mettre en place un process d’achat

    Avant d’acheter, vérifier :

    • qui est le vendeur ;
    • s’il facture de la TVA ;
    • quel régime apparaît sur la facture ;
    • si le bien est destiné à la revente.

    Créer une traçabilité par dossier ou fiche produit

    Chaque bien doit être relié à :

    • sa preuve d’achat,
    • son prix d’achat,
    • sa date d’entrée,
    • sa date de vente,
    • son régime de TVA.

    Séparer les flux en comptabilité

    Il est recommandé de distinguer les ventes en régime de la marge et les ventes en régime normal pour faciliter le contrôle et la préparation de la déclaration de TVA.

    Faire valider les cas complexes

    En cas d’achats à l’étranger, lots, enchères, ou situations mixtes, un arbitrage en amont évite des corrections coûteuses.

    Tableau récapitulatif

                                                                                                                                                                           
    SituationRégime de TVA possibleBase de calculPoint de vigilance
    Achat auprès d’un particulierTVA sur marge (souvent oui, si conditions remplies)Marge (prix de vente - prix d’achat)Conserver preuve d’achat et identité du vendeur
    Achat auprès d’un professionnel avec TVA facturéeRégime normal (en principe)Prix total de venteVérifier TVA déductible à l’achat
    Achat auprès d’un autre assujetti-revendeur (facture en marge)TVA sur marge possibleMargeContrôler les mentions sur la facture fournisseur
    Flux intracommunautaire de biens d’occasionVariable selon la facture et le régime du vendeurSelon régime applicableRisque élevé d’erreur déclarative

    Comment Exalt Conseil peut vous accompagner sur ce sujet

    Pour un dirigeant, la difficulté n’est pas seulement de “connaître la règle”, mais de l’appliquer correctement dans l’opérationnel : achats, factures, paramétrage du logiciel, suivi des stocks, déclaration de TVA.
    C’est précisément le type de sujet sur lequel Exalt Conseil intervient avec une approche de conseil du dirigeant : sécurisation des flux, mise en place de procédures et lecture des impacts de trésorerie. Vous pouvez consulter les offres comptables, l’offre de conseil du dirigeant ou l’accompagnement à la création d’entreprise si vous lancez une activité de négoce.
    Pour les structures qui arbitrent aussi des sujets patrimoniaux ou immobiliers en parallèle, l’offre immobilier peut également être utile.

    FAQ sur la TVA sur marge des biens d’occasion

    La TVA sur marge s’applique-t-elle à tous les biens d’occasion ?

    Non. Le bien doit être d’occasion, mais il faut aussi que les conditions d’achat permettent ce régime (par exemple achat à un particulier ou à un vendeur non autorisé à facturer la TVA sur cette livraison). Sinon, c’est souvent le régime normal qui s’applique. (Légifrance)

    Peut-on déduire la TVA sur un achat soumis à la TVA sur marge ?

    En pratique, lorsque vous achetez un bien sous régime de la marge, la facture ne fait pas apparaître une TVA déductible “classique”. Il faut donc être vigilant : on ne raisonne pas comme sur une facture de TVA normale. (Bofip)

    Comment calculer la TVA si je fais une marge faible ?

    Le principe reste le même : la TVA est calculée sur la marge imposable (après conversion de la marge TTC en base HT), pas sur le prix de vente total, si le régime de la marge est applicable. Une faible marge signifie donc une TVA due plus faible qu’en régime normal.

    Peut-on choisir le régime normal au lieu de la marge ?

    Oui, dans certains cas, les textes prévoient qu’un assujetti-revendeur peut appliquer les règles de TVA du régime général pour une livraison relevant du régime de la marge. Ce choix doit être maîtrisé, car il change la base taxable et la logique de déduction. Le BOFiP rappelle cette possibilité à partir de l’article 297 C du CGI. (Bofip)

    Quels secteurs sont les plus concernés par ce régime ?

    Le négoce de véhicules d’occasion est un cas fréquent, mais aussi les brocanteurs, antiquaires, revendeurs de matériel d’occasion et certaines activités de revente spécialisées. Le risque fiscal est souvent plus élevé quand il y a des achats auprès de vendeurs variés (particuliers, pros français, fournisseurs UE).

    Quelle est la principale erreur à éviter ?

    Appliquer automatiquement la TVA sur marge sans vérifier la facture d’achat et le statut du vendeur. C’est souvent l’origine des redressements. La bonne pratique est de sécuriser le régime dès l’entrée en stock, avec un process clair.

    Besoin d’un audit rapide de vos ventes en biens d’occasion ?

    Si vous revendez des biens d’occasion et que vous avez un doute sur votre régime de TVA, faites vérifier vos flux avant un contrôle : factures d’achat, paramétrage de la facturation, logique de calcul et déclaration. Exalt Conseil, cabinet d’expertise comptable à La Rochelle, peut vous aider à sécuriser votre traitement fiscal et à mettre en place une méthode simple et fiable. Vous pouvez prendre contact via le formulaire en ligne ou consulter les honoraires et offres sur le site.

    Cabinet d'expertise comptable à LA ROCHELLE. Stanislas DELANOUE. Expert-comptable

    Vous voulez appliquer ces conseils à votre situation ?

    Planifiez un diagnostic offert avec l'Expert-Comptable.
    Que vous souhaitiez optimiser votre rémunération, créer votre entreprise, être accompagné sur votre comptabilité,
    Exalt Conseil vous accueille au 158 av. Carnot 17000 La Rochelle ou en visio.

    CONTACT

    EXALT CONSEIL
    Expert-Comptable
    Conseil du dirigeant

    06 42 70 39 36
    158 Av. Carnot . 17000 LA ROCHELLE

    Coordonnées

    06 42 70 39 36
    Cabinet EXALT CONSEIL
    158 Avenue Carnot
    17000 LA ROCHELLE