Les principales méthodes d’évaluation d’une entreprise

Découvrez les principales méthodes d’évaluation d’entreprise : actif net, rentabilité, multiples, DCF et comparaison. Avantages, limites et choix.
Par Stanislas Delanoue
January 18, 2026
Guide d'évaluation d'entreprise avec Exalt Conseil

Table des matières

    Évaluer une entreprise, c’est estimer sa valeur pour un projet concret : acheter, vendre, faire entrer un associé, transmettre, ou simplement vérifier si le prix discuté est cohérent. Les méthodes d’évaluation d’entreprise sont des outils qui donnent une fourchette. Ensuite, la négociation, le financement et le risque font le prix final.
    Chez Exalt Conseil, cabinet d’expertise comptable à La Rochelle, Stanislas Delanoue accompagne des dirigeants de TPE/PME, artisans, freelances, restaurateurs et commerçants pour sécuriser une reprise, préparer une cession ou structurer une stratégie patrimoniale. L’évaluation est souvent le point de départ d’un plan d’action clair.

    En bref

    • Il n’existe pas une seule “bonne” valeur : on combine plusieurs méthodes d’évaluation d’entreprise pour obtenir une fourchette.
    • Les approches les plus utilisées sont : patrimoniale (ce que l’entreprise possède), rentabilité (ce qu’elle gagne), et comparative (ce que le marché paie).
    • Le choix dépend de ce que vous achetez (fonds, titres), du secteur, et de la qualité des chiffres.

    Pourquoi évaluer une entreprise

    Une évaluation sert à répondre à une question simple : “À quel niveau de valeur ce projet reste raisonnable ?” Elle aide à préparer une cession ou une reprise, à discuter avec une banque (valeur “finançable”), à faire entrer un associé, à gérer un conflit entre associés, ou à organiser une transmission familiale.
    Dans la pratique, une évaluation sérieuse commence par un diagnostic : qualité de l’équipe, dépendance à un client, contrats, marges, trésorerie, dettes, et perspectives.

    Les trois grandes familles de méthodes

    On retrouve trois familles : la valorisation patrimoniale, la valorisation par la rentabilité, et la valorisation par comparaison. Bpifrance Création rappelle l’intérêt de combiner ces approches pour éviter une vision trop “mono-méthode”.

    Méthode patrimoniale

    La méthode patrimoniale répond à : “Qu’est-ce que l’entreprise possède, et qu’est-ce qu’elle doit ?” L’idée est d’estimer un actif net : actifs (matériel, stocks, créances, immobilier…) moins dettes (emprunts, fournisseurs, charges…).

    Actif net comptable et actif net réévalué

    On distingue deux niveaux :

    • l’actif net comptable (ce qui est dans le bilan)
    • l’actif net réévalué (on ajuste certains postes à une valeur plus proche du marché : immobilier, matériel, stocks obsolètes…)
      Cette approche est utile pour les sociétés avec beaucoup d’actifs (immobilier, industrie), ou quand la rentabilité est faible mais le patrimoine important.

    Forces et limites

    Forces : simple à comprendre, rassurante, bonne base de discussion.
    Limites : capte mal le potentiel (croissance, marque, savoir-faire) et peut sous-estimer une entreprise très rentable mais “légère” en actifs.

    Méthodes basées sur la rentabilité

    Ici, on cherche à répondre à : “Combien l’entreprise est capable de générer comme résultats dans le futur ?” On s’appuie sur des indicateurs comme l’EBE, le résultat d’exploitation, ou le cash-flow.

    Méthode des multiples

    La méthode des multiples est très utilisée en PME : on applique un coefficient à un indicateur (souvent l’EBE). Exemple : valeur = EBE × multiple. Le multiple dépend du secteur, du risque, de la taille et de la stabilité des résultats.
    Point clé : un multiple doit être justifié. Deux entreprises avec le même EBE peuvent valoir très différemment selon la récurrence des revenus et le niveau de risque.

    Méthode du DCF

    Le DCF (Discounted Cash Flows) consiste à estimer les flux de trésorerie futurs et à les “ramener” à aujourd’hui avec un taux qui reflète le risque. C’est une méthode puissante, mais elle demande des hypothèses solides (croissance, marge, investissements).

    Forces et limites

    Forces : colle au potentiel, utile pour les entreprises en croissance ou les activités de services.
    Limites : très sensible aux hypothèses. Si le prévisionnel est fragile, la valeur peut varier fortement.

    Méthode comparative

    La méthode comparative répond à : “À combien se vendent des entreprises similaires ?” On compare avec des transactions : même métier, même zone, taille comparable, niveau de marge proche.
    Elle est très parlante en négociation, mais nécessite des données fiables et vraiment comparables. Sinon, on obtient une fourchette trop large.

    Tableau de synthèse

                                                                                                                                                                                                         
    MéthodeQuestionDonnées clésQuand l’utiliserPoint de vigilance
    PatrimonialeQue vaut le patrimoine net ?Bilan, dettes, actifs réévaluésActivités avec actifs importantsOublie le potentiel futur
    Multiples (EBE, résultat)Combien “gagne” l’entreprise ?EBE, marges, récurrencePME stables, services, commerceMultiple à justifier, normalisation
    DCFCombien va-t-elle générer demain ?Cash-flow prévisionnelCroissance, projets structurésHypothèses et taux de risque
    ComparativeQue paie le marché ?Transactions comparablesNégociation, cohérence prixComparables difficiles à trouver


    Les ajustements qui changent tout

    Avant de calculer, on “nettoie” souvent les chiffres. On parle de normalisation :

    • rémunération du dirigeant (trop basse ou trop haute)
    • charges exceptionnelles (travaux uniques, litige, pénalités)
    • éléments non récurrents (subvention exceptionnelle)
    • loyers (si le local appartient au dirigeant, vérifier la cohérence)
      Ces ajustements évitent une valeur artificielle.

    Quelle méthode choisir selon votre situation

    En pratique, on combine :

    • une base patrimoniale pour encadrer
    • une approche rentabilité (multiples et parfois DCF) pour le potentiel
    • une comparaison marché pour tester la cohérence
      L’administration fiscale publie aussi des repères utiles sur l’évaluation des entreprises et des titres, notamment en contexte d’opérations sur titres et de transmission.

    Un exemple concret côté dirigeant

    Un commerçant (“Thomas”) souhaite reprendre un point de vente. Le prix demandé semble “dans le marché”. Mais l’analyse montre une dépendance à deux clients, et des résultats gonflés par une rémunération du dirigeant très basse. Après normalisation, l’EBE baisse, le multiple raisonnable baisse aussi, et la valeur “finançable” devient plus réaliste. Résultat : une négociation plus saine et un dossier bancaire plus solide.
    C’est typiquement le type d’arbitrage mené chez Exalt Conseil : relier les chiffres, le risque, et le projet du dirigeant pour bâtir un plan d’action.

    FAQ

    Quelle est la meilleure méthode d’évaluation d’entreprise

    Il n’y a pas une seule meilleure méthode. La bonne approche dépend du secteur, de la taille, de la stabilité des résultats et du type de transaction. En général, on combine patrimoniale, rentabilité et comparaison pour obtenir une fourchette cohérente.

    Pourquoi une évaluation donne une fourchette et pas un chiffre unique

    Parce que la valeur dépend d’hypothèses (croissance, marges, risque), et parce que le marché peut payer plus ou moins selon la rareté, la concurrence entre acheteurs, et le financement possible. Une fourchette est plus utile pour négocier.

    C’est quoi la normalisation des comptes

    C’est l’ajustement des résultats pour se rapprocher d’une activité “normale” : retirer l’exceptionnel, corriger une rémunération atypique du dirigeant, vérifier des charges personnelles, et ajuster certains loyers ou prestations.

    Les multiples EBE sont-ils fiables

    Ils sont utiles, mais seulement si l’EBE est “propre” et si le multiple est justifié. Deux entreprises avec le même EBE peuvent valoir très différemment selon la récurrence des revenus et le niveau de risque.

    Quand utiliser un DCF

    Le DCF est pertinent quand le futur compte beaucoup : entreprise en croissance, modèle avec investissements, ou projet structuré avec un prévisionnel solide. Il est moins adapté si l’activité est instable ou si les hypothèses sont difficiles à défendre.

    Faut-il un expert-comptable pour évaluer une entreprise

    Ce n’est pas obligatoire, mais c’est recommandé dès qu’il y a un enjeu financier important. Un expert-comptable apporte la rigueur : diagnostic, normalisation, choix des méthodes, cohérence, et capacité à expliquer la valeur à une banque ou à un vendeur.

    Aller plus loin avec Exalt Conseil

    Si vous envisagez une reprise, une cession, ou une entrée d’associé, l’objectif n’est pas seulement de “sortir un chiffre”. L’objectif est de sécuriser votre décision et de construire un plan d’action (financement, structure, rémunération, stratégie patrimoniale).

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